12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 07:37

Madame Desbassyns

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Née Ombline Gonneau, Marie-anne Desbassyns, mieux connue sous le nom de Madame Desbassyns, vécut dans la deuxième partie du 18ème siècleà Saint Paul.

 

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Elle se maria en 1770 à l'âge de 15 ans avec Paulin-Henrin Panon, surnommé Desbassyns, car toutes ses terres étaient situées sur le littoral de Saint-Gilles, où les bassins sont en grand nombre.

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Le couple fit construire trois propriétés : une à St Gilles les hauts, une à Saint-Paul et une dernière au Bernica (les hauts de Saint Paul).

 

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Monsieur Desbassyns fut le plus souvent en France pour des obligations familiales, et aussi lors de la Révolution de 1789 où il fut contraint de rester.

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Madame Desbassyns se situe entre croyance et réalité : bien réelle par ses actions, elle ne reste pas moins un personnage énigmatique et hors du commun.

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Connue pour son large patrimoine agricole, ses propriétés terriennes et son sens des affaires, elle détenait aussi près de 800 esclaves à ses ordres.

 

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C'est donc Madame Desbassyns qui faisait tourner les exploitations.

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Bien des gens à l’époque auraient pensé qu’une femme n’aurait pu gérer à elle seule un tel empire, mais au contraire, c’est avec force et courage que la veuve s’occupe de son héritage.

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Elle entreprend d’immenses rénovations pour améliorer les conditions de travail et donc, les revenus.

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Outre la puissance économique que représente à elle seule Madame Desbassyns, elle a aussi réussi à conquérir le cœur des réunionnais et visiteurs importants grâce à son « cœur charitable ».

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 En effet, elle accueille dans sa maison de Saint-Gilles les hauts, tous les malades, officiers prisonniers pour leur redonner force et vigueur à l’air pur. Ces gestes lui vaudront le titre de « Seconde providence » décerné par le gouverneur de l’île.

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Pendant de nombreuses années, Madame Desbassyns mettra tout en œuvre pour combler le retard technologique avec la métropole en s’entourant de scientifiques réputés.

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Bien que la vie économique accapare son temps, la maîtresse de maison n’en demeure pas moins un hôte excellent.

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Elle recevra ainsi de nombreuses personnalités de l’époque telles que des officiers, gouverneurs, membres du clergé. Ces affinités créeront avec le temps des inimitiés chez certains colons de Bourbon.

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 Elle commandait d'une main de fer !

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Dans les hauts de St Paul, à l'endroit nommé La Glacière, elle avait fait creuser de grands puits pour y conserver des blocs de glace amenés par les esclaves depuis la Grande Ravine.

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 Les esclaves, ensuite, cassaient la glace en morceaux, puis les transportaient jusqu'à la Rivières des Pluies pour le fils de Madame Desbassyns.

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Le trajet était une horreur : les esclaves se blessaient, glissaient, cassaient la glace qui fondait également s'ils n'allaient pas assez vite.

Ils étaient donc fouettés par le chabouk, et si certains osaient se révolter, alors Madame Desbassyns donnait l'ordre de les enterrer vivant!

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 Mais ce n'était pas fini, une fois arrivé à la propriété de son fils, les esclaves qui selon elle n’avait pas travaillé assez vite étaient enfermés dans un cachot si étroit qu'ils restaient tous debout, ne pouvant s'assoir ou s'allonger, en étant même enchainés.

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Le plus horrible est sans doute l'histoire d'une des anciennes cases de Madame Desbassyns qui s'écroula en 1910.

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 Les gens constatèrent avec horreur que les murs étaient rouges, rouge du sang des esclaves qui avait servi de liant pour le mortier.

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Le quotidien des esclaves de Madame Desbassyns était bel et bien tragique.

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 Elle ne les nourrissait pas, leur coupait une main lorsqu'ils tentaient de voler quelque chose à manger, et un pied lorsqu'ils tentaient de s'enfuir.

La légende de Madame Desbassyns veut que son âme soit condamnée à être fouettée sans fin par le diable lui-même dans le cratère du volcan.

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En effet, lorsqu'elle mourut en 1846, deux ans avant la fin de l'esclavage, son corps fut enterré au cimetière de St Paul, mais plus tard fut emmené à la Chapelle Pointue, un lieu béni.

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Dieu alors se mit dans une colère noire, et un violent orage s'abattit sur l’endroit, la nuit même.

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Un éclair aurait traversé la chapelle, fracassé la pierre tombale et emmené le corps de Madame Desbassyns et son âme au fond du volcan de la fournaise ou le diable l'attendait.

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Depuis, il ne cesse de la fouetter en lui criant : "Chauffe Madame Desbassyns, chauffe..."

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Published by fazen - dans Réunion
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